Un livre....
Quelques pages suscitent l'émotion....Mots qui s'enchevêtrent....
"Il sonda, de doigts tremblants, la faille affolante qu'on lui refusait encore..."
Les doigts sondent.
Le reflet du miroir....
Le livre qui repose....
Mais l'insidieuse, la persistante présence des mots....
"Il allongea son index et son majeur ensemble vers cette bouche qu'elle arrondissait pour le recevoir, et qui bougeait toute seule, avec un menu clapotis de baiser...."
(Avec l'involontaire complicité de Françoise Rey, "Loubards magnifiques", Mille et une Nuits Editions)
Bon... Ca n'est pas le déluge....
Juste les trucs ordinaires de l'automne....
Qui incitent au confinement....
(Splendeurs de la langue française, l'ambiguïté qui se dissimule sous tant de nos coutumiers vocables....)
Non... Ca n'est pas le déluge....
De voluptueuses ventouillaisons....
Les temps de l'autre chose...
Du souffle...
Du soupir...
De l'attente...
Des indolentes rêveries....
Marées équinoxales...
(Ne jamais être avare en néologismes)....
Marées équivalentes......
L'information ne vous a pas fait frémir?
De peur? D'indignation? De colère?
Une vieille baderne exclut trois ou quatre bambins d'une école maternelle sous le prétexte qu'ils se seraient livrés à "une agression sexuelle"....
La vieille baderne?
Un inspecteur d'académie.... Une de ces choses finissantes qui escaladent à grand peine les ultimes échelons de leur hiérarchie, avec l'espoir d'accéder au pinacle...
D'où les excès de zèle....
D'où l'incommensurable au niveau de l'ignominie, de l'abjection.
Puisque les textes sacrés proclament l'intangibilité de la loi.
Trois ou quatre bambins mis au ban d'infâmie. Sans que leur procureur ait manifesté la moindre émotion ni exprimé le moindre repentir. Lui dont il est admissible d'imaginer que la vie sexuelle s'est enclose dans l'infiniment médiocre.
Sinistre géôlier des consciences......
Un seul voeu: que les trois ou quatre bambins ne sortent point trop abîmés de ce pitoyable non-évènement.
Et une revendication: la mise à la retraite d'office du zélé serviteur de l'Inquisition "éducative".
Du champ des banalités, de la coupe de champagne qui pétille si vite dans les têtes, aux premiers frôlements, aux gestes furtifs, jusqu'aux révélations et à l'entremêlement des désirs.....
Des joies étrangères aux individus type "karchérique obsessionnel", confinés dans l'urgence et la précipitation, et donc réduits aux affligeantes éjaculations précoces.....
Vivre l'indécence..... qui n'est, pour celui qui considère cela comme tel, que le reflet d'une incapacité chronique à atteindre au bonheur.....
La curiosité, quoi que prétendent les pisse-froid, n'est pas un vilain défaut.
Bien au contraire.
(Et puis, merdre alors, que ce monde serait sinistre sans l'accumulation de tous nos vilains défauts, non?)
La curiosité témoigne du désir de la reconnaissance, jusqu'au plus profond, au plus secret de l'autre, au méconnu de l'autre..
La curiosité révèle les plus intenses des émotions intimes.
Il n'est pas de rencontre accomplie sans une curiosité exacerbée.....